Jeux vidéo et violence

Rôle des jeux vidéo violents et leurs impacts sur les comportements de l’adolescent.

L’idée courante, lorsqu’on parle de l’influence des scènes violentes des jeux vidéo et de la télévision, est qu’elles pourraient contribuer à l’augmentation de la violence chez l’enfant. Forme de désensibilisation, l’enfant intégrerait la violence comme une réponse normale face à certaines situations difficiles de la vie réelle.

Contrairement à un film ou le spectateur reste passif, dans les jeux dits violents, le joueur doit lui même provoquer les actions, inflige des blessures pour progresser dans le jeu. Il est même « récompensé » pour ses actes par des scores ou des bonus.

Que se soit de se tirer dessus dans le jeu des cowboys et des indiens, de dépouiller ses ami.es dans les jeux de société ou de trancher la tête d’une population de zombies, de tout temps les jeux mettent en scène les angoisses de l’enfance et celles de l’adulte.

Il est question d’apprendre à les dépasser ou les maîtriser dans une simulation virtuelle afin de mieux les appréhender dans la vie réelle, telles que l’angoisse de mort, la peur de l’échec, la peur de perdre le contrôle de la situation, etc. Comme pour le jeu symbolique qui permet à l’enfant de reproduire une situation de la vie d’adulte en manipulant des jouets (exemple : jouer au médecin), l’adolescent.e se met « pour de faux » dans une situation de danger extrême pour vérifier s’il/elle est capable de s’en sortir par soi-même. L’utilisation d’une arme dans le jeu vidéo n’est plus pour tuer mais pour survivre !

A ce jour, les théories scientifiques sont encore controversées sur l’impact de la violence visionnée corrélé aux comportements délinquants des jeunes. Certaines recherches ont toutefois montrer que certains jeux nourrissent des pensées hostiles chez le joueur ou la joueuse. Aucun statistique criminologique ne vient étayer une fréquence accrue des actes criminels ou suicidaires imputables au fait de jouer à des jeux au contenu violent.

Pour d’autres, les jeux peuvent être thérapeutiques dans le sens ou ils viennent canaliser la colère, et permettent de l’exprimer. Comme un défouloir, les jeux permettent de gérer nos angoisses, de retrouver un sentiment de maîtrise dans une situation difficile, d’élaborer des stratégies de survie et renforce la persévérance, l’envie de réussir.

Il faut rappeler que c’est toujours une pathologie ou une fragilité psychologique qui est la cause d’un passage à l’acte et non le jeu vidéo qui en serait un élément déclencheur.

Les images ne rendent pas tous les enfants violents mais peuvent agiter ceux qui ont tendance a l’être.

CONSEILS :

Ne pas confondre violence et frustration !

La frustration générée par un arrêt brutal de la part d’un parent, d’une partie de jeu ou d’une série en plein milieu de l’intrigue, ou celui d’une discussion sur les réseaux sociaux, provoque une tension interne. Pour l’anticiper, il est important de mettre au préalable des limites au temps de jeu afin que cette frustration ne se transforme pas en agressivité contre l’adulte. Il n’est pas question d’arrêter son activité sans avoir posé des règles préalablement. Pour cela, il est préférable d’avertir son enfant qu’il/elle doit couper le jeu, ¼ d’heure avant la fin du temps permis. Il est nécessaire qu’il/elle éteigne l’écran de nombreuses minutes avant le repas pour qu’il y ait une période de calme, de « redescente » entre le jeu et le temps collectif.

L’un des rôles des parents devant la télévision ou les jeux est de commenter les images, valoriser les personnages qui portent secours, demander à l’enfant ce qu’il en pense. Il incombe au parent de s’assurer que les contenus sont adaptés du point de vue de l’âge (respecter la signalétique indiquant l’âge approprié pour regarder un film ou dans l’achat d’un jeux vidéo).

Un enfant qui présente des difficultés à canaliser son agressivité envers les autres, peut connaître des difficultés à interagir sur les réseaux sociaux. Il est alors préférable dans un premier temps de l’accompagner dans les échanges.

Parfois, des images du monde réel à la télévision ou dans les jeux peuvent « choquer » les enfants. Soyez vigilant.e en vous assurant qu’il/elle peut échanger sur ce qui est vu.

La norme PEGI (Pan European Gaming Information) peut s’avérer une aide utile pour orienter les parents sur l’achat de jeux (lire notre fiche sur le choix des jeux).

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