Construction d’un discours collectif sur l’usage des écrans

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Les ressources de ce site souhaitent permettre à chacun.e de s’approprier une réflexion sur les outils numériques, de manière individuelle. Si une structure souhaite avancer sur ces questions, il semble essentiel de passer par une étape de construction collective.
En accompagnant des équipes de professionnel.les à formaliser un discours institutionnel cohérent sur l’utilisation des outils numériques, nous avons pu dégager un processus de réflexion à partager collectivement.
Vous trouverez ci-dessous une proposition de fonctionnement pour avancer en équipe sur le sujet.

Étape 1 – S’approprier les connaissances nécessaires sur l’usage des outils numériques
Connaître l’ensemble des supports numériques, les principaux réseaux sociaux, les différents types de jeux vidéo…  En partant des pratiques de chacun.e et en élargissant aux usages les plus répandus dans la société, il est important de prendre le temps de construire une culture commune sur le sujet.
Nous vous invitons à utiliser les nombreuses ressources disponibles sur le sujet.

Étape 2 – Faire un état des lieux des problèmes soulevés par l’utilisation des supports numériques, par le public.
L’objectif est d’établir un diagnostic des problèmes rencontrés autour des questions des smartphones ou téléphones, utilisation d’Internet, des réseaux sociaux, des jeux vidéo.
Cette étape peut parfois être source de tensions. Les règles de fonctionnement étant à construire, les problèmes identifiés peuvent être différents voir contradictoires d’un.e professionnel.le à l’autre. Il s’agit de lister de façon la plus exhaustive possible l’ensemble des difficultés identifiées, sans engager le débat sur le bien fondé de ces problèmes.

Étape 3 – Formaliser la problématique liée aux usages de ces pratiques.
Cette étape consiste à regrouper par catégories les difficultés identifiées :
Vous pouvez classer les informations selon les types de supports incriminés, les types d’usage, les contextes (lieux, moment de la journée).
L’idée étant de mettre en relation les thématiques choisies et de formuler les questions pour dégager une ou plusieurs problématiques.
Exemples de problématiques dégagées :
– Comment canaliser l’échange d’informations privées qui vient perturber les temps de travail ou la construction d’un travail éducatif de manière générale ?
– Sur quels critères construire un cadre qui permette de maintenir une juste distance relationnelle dans les échanges et via les outils numériques ?
– Comment transposer mes connaissances personnelles à une utilisation professionnelle ?
– Comment accompagner le jeune dans la construction de son identité numérique ?

Étape 4 – Construire collectivement un cadre et un projet de structure intégrant cette nouvelle pratique des écrans.
Comme on établit des règles de fonctionnement sur la cigarette, les entrées et sorties de la structure, il est structurant d’en mettre en place sur l’utilisation du smartphone et des écrans d’une manière générale. Ce cadre permet de ne pas perturber la vie en collectivité et le travail éducatif mené auprès des enfants et des jeunes tout au long de l’année.
Il n’y a pas un « bon » cadre de référence à mettre en place. Chaque structure doit construire son propre cadre, en prenant en compte :
– son public et ses spécificités
– l’état des lieux des usages du public
– son projet éducatif
– des paramètres contextuels (le cadre mis en place doit être applicable dans la réalité de terrain)

Étape 5S’approprier un discours structurant pour accompagner son public dans une pratique des écrans, raisonnée et sécurisée.
Ces règles doivent permettre aux adultes encadrant.es de tenir un même discours face à la gestion des outils numériques, celui de la structure. Il est alors plus confortable pour l’adulte d’adopter un positionnement qui se repose sur l’institution plutôt que sur des valeurs personnelles, qui varient en fonction de chacun.e. Il est aussi plus structurant chez l’enfant et le jeune de percevoir un fonctionnement collectif construit et expliqué.
L’essentiel de ce travail de construction de repères ne se fait pas lors de cours théoriques, mais dans un accompagnement au quotidien, lors d’échanges et de discussions, par la construction partagée des règles de fonctionnement, sur le fait de tenir le cadre, par des temps de formation concrète sur la protection de ses données personnelles par exemple…

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